Buts et principes proposés par les amis de Tunisie Libertaire [I]

BUTS ET PRINCIPES

TUNISIE LIBERTAIRE
POUR L’ANARCHISME ! POUR LE COMMUNISME LIBERTAIRE !

🚩🏴 Présentation de Tunisie Libertaire

Tunisie Libertaire est un ensemble de militantes, militants et sympathisants de la tradition anarchiste et du communisme libertaire, issus de différents mouvements de résistance et horizons. Le collectif s’identifie au communisme libertaire et à l’anarchisme, avec pour objectif commun une rupture révolutionnaire totale avec l’ordre capitaliste établi.

Les activités menées par les militantes, militants et amis de Tunisie Libertaire s’organisent autour du développement théorique, de la diffusion des idées anarchistes et du communisme libertaire, ainsi que de l’intervention dans les luttes de notre classe, que ce soit de manière autonome ou par une implication directe dans les mouvements sociaux et populaires.

Pour l’anarchisme ! Pour le Communisme Libertaire !

Comme militants communistes libertaires, anarchistes donc, nous luttons pour un système politique et social fonctionnant sans État ni gouvernement ni système monétaire dans l’optique de forger une société communautaire libre et réellement démocratique, autogérée, sans classe ni même sans la division historique entre « riches et pauvres », prospère, horizontale, égalitaire et non-hiérarchique.

Pour remplacer les Etats et les nations, que l’anarchisme vise à abolir au profit d’une communauté mondiale enfin fraternellement réunie, nous envisageons une fédération internationale de conseils, communautés, de lieux de travail, d’études, de vie, radicalement démocratiques, horizontaux et autogérés.

À cette fin, notre classe abolira par une révolution sociale libertaire profonde et majoritaire non seulement tous les rapports économiques et productifs capitalistes quels que soient leurs formes mais abolira également le système monétaire, complètement, en même temps que les rapports capitalistes de propriété, sans chercher à remplacer l’argent par rien que ce soit, et ses dérivés comme le salariat, les prix, loyers, rentes etc….

Nous rejetons la division du travail ainsi que le carrièrisme et la sélection selon les lacunes. qui tous condamnent un individu à être attaché à une vie d’activités restreintes, monotones, ennuyeuses et souvent dangereuses et malsaines pour les seules fins de l’économie marchande et du salariat.

Et l’abolition du système monétaire, des carcans que sont les marchés et la logique d’échange au profit du libre et universel accès aux biens, produits et services, voilà ce qui permettra la satisfaction des besoins humains, à la fois individuels et collectifs, et démocratiquement exprimés et qui plus est, en dépassant le principe communiste disant « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » au profit de  » de chacun selon ses capacités et talents, à chacun selon ses besoins et envies « .

🔥 Contre le capitalisme !

Donc nous proposons sans concessions à faire abolir TOUTES les formes de capitalisme, qu’il s’agisse du capitalisme de libre-marché ou du soi-disant socialisme, le capitalisme d’État, qui régnaient jadis en URSS et les pays de l’Europe de l’Est ainsi que dans les pays du même genre qui restent.

Le capitalisme est le système qui est en vigueur partout dans le monde entier et il crée une société divisée en deux classes sociales antagonistes : d’une part, une minorité, une petite élite la bourgeoisie, la classe dirigeante, celle des maîtres capitalistes et d’autre part, la classe majoritaire largement majoritaire, la classe ouvrière, les exploités.

La classe dirigeante, la première, possède et contrôle les moyens de production, d’échange et de distribution et en vertu du droit de propriété, que ce soit en privé ou à travers l’Etat, est en capacité de monopoliser la richesse. La possession de ces deux fonctions primaires de la société lui permet de s’organiser pour diriger la production et la société via l’Etat et selon ses propres intérêts de classe sans considération pour les conditions de travail ni pour l’environnement ni pour les travailleurs et la population.

Quant à ceux et celles qui ne font pas partie de la classe dirigeante capitaliste, ils / elles sont forcé-e-s, pour vivre voire pour survivre, de vendre et louer leur force de travail, physique, manuelle ou intellectuelle, en échange d’une rétribution sous forme de salaire, qui EST un rationnement et qui n’a rien à voir avec nos besoins, et c’est là que nous sommes piégé-e-s dans ce nouvel esclavage moderne qu’est le salariat.

✊ La lutte des classes !

À cause des inégalités et des intérêts de classes irréconciliables, il existe une lutte permanente entre les différentes classes sociales. C’est la lutte des classes. Tous les aspects de la société capitaliste moderne, qui s’est développée sur des siècles de conflits, sont un résultat direct de cette lutte. La perspective du communisme libertaire s’est développée à travers les luttes quotidiennes des travailleurs contre l’exploitation et les oppressions.

🏛️ L’État

Nous sommes également opposé-e-s à toute forme d’Etat, d’étatisme et à tout système gouvernemental. Le but de TOUT État, que ce soit une « démocratie représentative » ou une dictature totalitaire ou même un régime fasciste ou encore même « ouvrier », est d’administrer la société selon des intérêts de classes et donc d’une façon qui garantie les privilèges de la classe dirigeante.

Pour ce faire, l’État doit exister mais aussi centraliser et monopoliser le pouvoir et les fonctions essentielles notamment regaliennes par un réseau complexe d’institutions politiques, législatives, judiciaires, militaires et financières.

Certes, dans plusieurs pays, au fil des ans, l’organisation de plusieurs services sociaux importants, tels que l’enseignement et les soins de santé, ont été étatisés, mais pour être bureaucratisés. Un système pareil, même s’il peut soulager ou être protecteur, prive quand même du pouvoir les individus et permet de maintenir une société basée sur le contrôle et la hiérarchie verticale, autoritaire et arbitraire qui étouffe le potentiel d’organisation sociale et politique de la classe ouvrière.

Pour notre part, contre leur pseudo démocraties, nous croyons en la démocratie directe et en ce sens nous considérons qu’aucun parti ou « état » que ce soit, même providence ou encore « ouvrier » ne pourra mener à en finir avec le capitalisme, et c’est aussi là que nous rejetons le parlementarisme et l’électoralisme pour parvenir à une véritable démocratie et à société égalitaire, avec l’anarchisme.

Contre le sexisme et le patriarcat

De toutes les oppressions les plus anciennes du monde, les plus enracinée sont celles du sexisme et du patriarcat, qui servent à légitimer la domination de l’homme sur la femme et la jeunesse. Cette domination s’exprime partout, à la fois dans les domaines publics et dans la sphère privée.

Quoiqu’ils soient perpétués par le capitalisme et l’État, ils existaient avant eux et, sans confrontation, existera aussi même après leur abolition. Le féminisme libertaire est une théorie et une pratique par laquelle nous critiquons et attaquons le quadruple règne du patriarcat, du sexisme, du capitalisme et de l’État.

C’est seulement en unissant la perspective révolutionnaire de classe du communisme anarchiste et la critique féministe libertaire du patriarcat et du sexisme que le féminisme et l’anarchisme peuvent atteindre leur but commun de libération humaine, tous genres confondus.

« Il n’y aura pas de révolution sans libération des femmes. Il n’y aura pas de libération des femmes sans révolution. »

🚫 Contre le racisme !

L’exploitation et l’oppression hélas s’expriment aussi par des inégalités sociales et des hiérarchies basées sur le concept social de « race » et de l’origine ethnique. Comme le patriarcat et le sexisme, c’est, en plus d’être une forme d’oppression sociale des plus pénibles quant aux horreurs de la société capitaliste, une arme utilisée pour diviser et affaiblir les travailleurs entre eux.

Alors tant pour cela que de par ce qu’il représente, à savoir être la pire des discriminations, il doit être vu non pas comme une « opinion » mais combattu sans concessions à tous les niveaux.

En Europe puis en Afrique du Nord et en Afrique, notamment via la colonisation, la stratification de classe fut définie, en très large mesure, par la « race ». Quoique le racisme soit perpétué par le capitalisme et la société de classe, il ne disparaîtra pas nécessairement avec l’abolition de la structure sociale capitaliste et par celle du système monétaire, ni encore moins comme par enchantement.

Mais comme nous dès maintenant, le processus révolutionnaire lui-même travaillera à combattre le racisme sous toutes ses formes depuis les premiers coups irréparables que la révolution lui donnera jusqu’à l’évolution de ses derniers vestiges, et en ce sens nous appuyons ceux et celles de notre classe qui s’organisent de façon à proposer des perspectives antiracistes concrètes à l’intérieur de notre mouvement révolutionnaire anarchosyndicaliste, ainsi autour de formes spécifiques de libération sociale, mais restant liées à la perspective de l’anarchisme.

🌍 Écologie et environnement

Le capitalisme, dans sa logique de croissance infinie, menace aussi la planète de nouveaux désastres pouvant aller jusqu’à la destruction écologique. Ce fléau permet à la classe dominante de s’enrichir pendant que le reste de la population mondiale subit les conséquences négatives engendrées par le mode de production actuel : pollution, empoisonnements, maladies, etc…..

La société que nous envisageons est liée au monde naturel de façon inhérente. Nos besoins et nos désirs doivent se réaliser de manière écologiquement soutenable et ce sera tout à fait réalisable sachant que le communisme anarchiste implique l’activité de la population quant à la gestion de ses affaires, et donc signifiant l’activité de celles et ceux qui ont un intérêt direct à profiter d’un environnement sain et sécurisé.

🌍 Contre l’impérialisme !

Le capitalisme s’attaque et met au pas des pans entiers de populations par l’impérialisme et ses tentacules et manifestations diverses : les dictatures à sa solde, la dette, les guerres et les aventures militaires outre le pillage des ressources des régions du monde qu’il détient sous sa coupe.

L’impérialisme se manifeste de deux façons : par la force brute directe ou indirecte (les interventions militaires étatiques directes ou les mises en place de dictatures) et la coercition économique (à travers les institutions financières internationales, la dette, etc…).

Comme communistes libertaires, anarchistes, si nous sommes opposés à toute forme de domination, il va alors sans dire que nous sommes a fortiori opposé-e-s à la domination de nations par d’autres. Nous affirmons de surcroît qu’une population / nation qui en opprime une autre ne peut pas être libre.

🌐 Le nationalisme, l’internationalisme et l’a-nationalisme

Nous rejetons toute forme de nationalisme. Qu’il serve à justifier l’impérialisme ou qu’il prétende vouloir libérer une nation dominée par l’impérialisme, tout nationalisme nous est étranger. Il est dans tous les cas là pour justifier l’existence et l’identification à la nation et au demeurant à l’Etat, donc sert aussi à établir des divisions dans la classe des travailleurs à l’échelle internationale.

Il sert aussi à enchaîner les exploités à leurs maîtres exploiteurs outre semer des divisions et réminiscences parmi les populations. Les travailleurs constituent une classe qui n’a pas de patrie, et comme les Etats et les gouvernements, les nations, les territoires et les frontières « nationales » doivent être également éliminées.

En militant, et parce que nous avons un monde à viser à gagner et que même notre travail militant « national » se fait dans le cadre du travail se faisant dans l’arène MONDIALE, nous devons encourager et développer la solidarité internationale, souder nos liens internationaux et coordonner nos activités de l’échelle mondiale en vue un jour de jeter les bases d’une révolution socialiste libertaire mondiale.

Le capitalisme et le socialisme libertaire n’étant pas faits l’un pour l’autre ni n’ayant pour but de défendre les mêmes intérêts, ils ne pourront pas cohabiter. C’est comme l’eau et le feu. C’est en ce sens comme aussi dans l’optique de stimuler une révolution sociale à l’échelle de la planète entière que développons et maintenons des relations internationales, que nous devons coordonner nos activités afin de développer une solidarité et des actions coordonnées pour stimuler l’effet domino de cette future révolution anarchiste mondiale.

🔥 La révolution communiste libertaire

Nous reconnaissons que tout système profondément enraciné et basé sur le pouvoir et les privilèges ne se laissera pas abolir pacifiquement et qu’elle ne va pas accoucher de la société libre dans la paix. C’est pourquoi la vraie libération ne pourra être atteinte que par la révolution une révolution sociale libertaire profonde, accomplie suite l’auto-organisation ouvrière, par la majorité des travailleurs et de la population tant socialement que numériquement parlant.

Cette révolution devra aussi être consciente et consciencieuse, c’est à dire traduire le libre souhait de la majorité d’en finir pour de bon avec le capitalisme et le système monétaire. Pour nous, le concept de révolution sociale n’est pas une métaphore abstraite et romantique mais plutôt un concept traduisant une très réelle volonté de se dresser contre toute forme d’exploitation et d’oppression.

C’est vrai que recourir au terme de révolution fait peur tant il évoque des scènes de violence, des massacres, bains de sang etc…. (inhérents à certaines « révolutions » passées) mais pour notre part nous ne sommes pas adeptes de la violence ni n’avons un goût particulier pour celle-ci. De même, en général, la violence ne vient même pas de la révolution mais de la contre révolution armée orchestrée par des « oppositions » de maîtres capitalistes déposés mais restant récalcitrants.

Nous préconisons la conscientisation socialiste libertaire de toutes les luttes par l’expérience de la démocratie directe, l’action directe et la solidarité. Par cela et via notre intervention sociale et dans les différents mouvements de résistances auxquels nous participons, à tout moment, nous encourageons le développement d’une conscience de classe autonome et l’adhésion au communisme anarchiste.

L’organisation communiste anarchiste qui reste à forger

Considérant que l’affranchissement des travailleurs doit être accompli par et pour eux-mêmes, non seulement les leaders et la césure dirigeants / militants de base organisationnelle est inutile (d’autant plus que nous n’en voulons pas) mais nous défendons, partout et toujours plus, l’organisation autonome et l’auto-activité révolutionnaire des travailleurs dans l’optique d’en finir avec le capitalisme.

Nous croyons que, même ne se substituant pas aux masses et même sans être hyper centralisée, et ne serait-ce que pour mener la bataille des idées, une organisation socialiste anarchiste et anarchosyndicaliste est nécessaire.

En tant que partisans d’une révolution sociale majoritaire, outre refuser les dirigeants et les logiques d’avant-garde minoritaires (nous ne sommes pas putschistes / les travailleurs constituent la majorité de la population aujourd’hui) nous rejetons aussi la vision de la révolution qui réduit celle-ci à soit la prise de pouvoir par les travailleurs (sachant que la révolution vise justement à abolir le pouvoir) soit à une action putschiste ou bien autoritaire menée par un parti ou un groupe centralisé croyant agir « au nom des masses ».

L’organisation anarchosyndicaliste n’est ni un parti, ni une avant-garde auto-proclamée, mais est (pour le moment) juste une minorité active parmi les travailleurs et la population. C’est juste un point de ralliement prenant part à la lutte théorique et pratique contre toute idéologie autoritaire ou acceptant le capitalisme et les dominations actuelles.

Rejoignez nous si vous êtes d’accord avec ce qui est exprimé ici.