TUNISIE : A propos du régime autocratique du président Kais Saïed et de la montée du racisme dans le pays 

Ce document veut analyser l’ascension du populisme et du racisme utilisés par Kaïs Saïed et parmi la population en Tunisie. Déjà, avant et pendant son accession aux rennes de l’Etat, le Président en Tunisie, s’était rendu populaire en se présentant d’abord comme proche des travailleurs et de la population, et en ayant fait de l’anti-élite et la lutte contre la corruption son principal, voire son unique, axe politique.
Pour rappel, la population tunisienne avait déjà dans son histoire mené un soulèvement, à savoir la révolution du jasmin du 17 Décembre 2010 au 14 Janvier 2011 qui a culminé sur la fin du règne de feu le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali, donc au règne d’un tyran. Déjà cela. Mais cette révolte s’était arrêtée par son déraillement avec avec la mise en place d’un gouvernement transitoire qui, en pratique, a dépossédé les travailleurs et la population de leur destin et donc finalement de leurs capacités de prendre des décisions politiques.
Une grande partie des travailleurs en Tunisie s’étaient régulièrement mobilisés contre tous les nouveaux gouvernements « post révolution » de « l’après Ben Ali » qui ont suivi, sachant qu’ils n’avaient promis que faux espoirs et chimères. C’était alors dans ce contexte-là que Kaïs Saïed avait saisi l’opportunité de se mettre en avant (avec la complicité d’une partie de la bourgeoisie) pour se présenter comme le champion de la logique anti système et contre la corruption puis d’accroître progressivement sa popularité et son influence.
Avec ce populisme, Kaïs Saïed est rapidement devenu, au début et en l’espace d’une dizaine d’années, une figure de « sauveur du peuple » tunisien. Et cette image s’est consolidée lorsqu’il a remporté l’élection présidentielle tunisienne de 2019 avec une large victoire en se présentant comme un candidat anti-élite, proche des travailleurs et du peuple, extérieur aux partis traditionnels, islamistes, démocrates, etc…ainsi qu’étranger aux magouilles.
Mais progressivement, sa politique devint de plus en plus autoritaire. Et pour cause, en 2021, il a suspendu le Parlement et concentré ses pouvoirs pour imposer en 2022 une nouvelle constitution lui confirmant les pleins pouvoirs.
A partir de là, ce seront plusieurs opposants qui seront arrêtés. En 2023, plusieurs figures de l’opposition de tout bord politique ont été arrêtées et jugées dans des affaires dites de « complot contre la sûreté de l’État » et via leur procès en 2025, certains ont même été condamnés à de très lourdes peines, allant jusqu’à plus de 20 ans de prison, ce qui est du jamais vu depuis la chute de feu le tyran Ben Ali.
L’organisation et la contestation par les travailleurs en Tunisie devant ces mesures autoritaires commencent alors à monter. Et sachant que son pouvoir était susceptible de vaciller tôt ou tard, ce Président Kaïs Saïed a alors lancé (d’ailleurs également sur recommandation de certains de ses parrains de l’Occident) une politique démagogique raciste et anti-immigration visant les migrants africains Subsahariens. Et avec le support de la bourgeoisie nationale, cette politique cherche à la fois à diviser les travailleurs et la population et à détourner la colère des classes populaires vers une haine raciste pour casser le potentiel de contestation, mettre au pas la population pour qu’elle ne bronche pas, étant focalisée sur le faux problème de l’immigration subsaharienne, et ainsi aider à renforcer davantage l’image respectable de ce pouvoir brutal. Ainsi, en plus des expulsion, cette politique raciste s’est accompagnée de vagues d’arrestations policières, de mise en examens et d’emprisonnement de militants ou de personnalités antiracistes et outre les expulsions, d’abandons dans le désert, ce qui est criminel ! C’est inhumain, en plus d’être destiné à mettre au pas la population, d’autant plus que ces migrants sont des personnes qui passent par la Tunisie de manière temporaire dans l’espoir de rejoindre l’Europe pour espérer (d’ailleurs très souvent sans succès) une vie meilleure suite aux dégâts causés dans leurs pays à cause des dictatures placées par les grandes puissances si ce n’est pas par ces dernières elles-mêmes.
Cette montée du racisme dans la culture et la mentalité « populaire » est la suite logique de cette politique gouvernementale populiste. C’est également lié au nationalisme et au patriotisme, tous les deux forts en Tunisie, car en parlant en terme de « peuple » et en réduisant tout à une identité nationale » homogène imaginaire et fantasmée voire élucubrée, on alimente une logique qui mène forcément à une vision de boucs émissaires, donc au racisme, avec le culte du chef, avec un Président présenté comme le « porteur de la nation » et « celui qui redresse la nation ». Et partant de là, les travailleurs, les jeunes, les populations, etc…qui ne correspondent pas à ces critères identitaires et « nationaux » sont alors désignés comme des « ennemis », ou comme une « cinquième colonne complotant », soit, ce sont les bouc émissaires idéaux à accuser d’être les responsables de la misère sociale et des problèmes que le pays connait, et à mettre à l’écart. Puis, à cette fin, tout devient permis.
Pour notre part, militant socialistes libertaires et anarchistes, nous disons qu’il n’y a AUCUN complot que ce soit, et quant aux problèmes que nous connaissons, nous savons très bien d’où ils viennent et au demeurant qui sont les véritables ennemis : ce sont les ennemis de la classe des travailleurs, à savoir les classes parasitaires, incarnées par la bourgeoisie, les maîtres capitalistes, les agents hiérarchiques du système capitaliste étatique et les hauts fonctionnaires, etc…. Ainsi, tout la rhétorique versé n’est que du poison employé pour détourner la colère sociale et faire oublier aux travailleurs la nécessité de s’unir et de contester le système capitaliste et ses instruments qui non seulement nous enferment et nous tiennent en laisse, castrent nos libertés, etc….mais qui sont aussi justement à l’origine de nos problèmes, des malheurs causant les déplacements de populations, etc…..
La seule réponse est donc d’abord, en plus d’expliquer patiemment la source de nos malheurs, de refuser ensuite ces politiques menant aux divisions pour mieux régner, permettant à nos maîtres de dormir tranquille, et à partir de là, de reconstruire la solidarité entre tous les travailleurs, qu’ils soient « nationaux » ou étrangers, légaux comme « clandestins », d’autant plus que PERSONNE n’est illégal, la Terre appartenant à tous les humains. Tant que les exploités resteront divisés, le pouvoir et la classe dominante continueront de régner, et vice versa. C’est pour cela que le salut réside avant tout dans la mise d’un terme à ce système pourri et décadent qu’est le capitalisme, et cela signifie en finir avec le capitalisme et l’Etat et mettre en place le socialisme libertaire sans Etat ni capitalisme ni système monétaire, pour concrétiser une véritable libération sociale et politique. C’est donc aussi de faire la révolution pour cela et ainsi achever la révolution du 17 Décembre 2010 – 14 Janvier 2011, qui n’était qu’un début et devait continuer, la chute de Ben Ali n’étant pas une fin en soi.
Ni État Ni capitalisme ! Mort au capitalisme, à l’Etat et à ses instruments (forces répressives, système monétaire, etc…) et au racisme !
A bas les agressions et les pogroms et les préjugés y compris « populaires » contre les migrants !
Abrogation des barrières sur les migrations et des frontières, qui condamnent justement les populations à la clandestinité ! Les Etats, nations et frontières n’ont rien de naturelles car la Terre appartient aux humains !
Liberté de circulation et d’installation pour tous où bon lui semble, peu importe la nationalité !
Vive l’unité de classe, la révolution sociale libertaire et la mort du capitalisme !
Pour le socialisme libertaire !

MÉCACHROME : les ouvriers du site de Toulouse solidaires des ouvriers du site de Tunisie


Mécachrome est une entreprise de métallurgie qui travaille pour le secteur aéronautique. Elle dispose de sites dans différents pays, en France, au Maroc, en Tunisie et au Canada. Fin décembre, les salariés du site de Fouchana en Tunisie ont décidé de s’organiser pour se faire entendre et porter leurs revendications, somme toute classiques et légitimes en matière de salaires et de conditions de travail. Ils ont décidé de créer une section syndicale de l’UGTT, le principal syndicat Tunisien, qui est loin d’être révolutionnaire. Mais c’est déjà trop pour la direction de Mécachrome qui n’aime pas trop les syndicats sauf quand ce sont des syndicats maisons comme FO en France.

Ici le code du travail et les « bonnes manières démocratiques » empêchent les patrons de mettre en pratique le fond de leur pensée … (même s’il leur arrive de l’exprimer comme par exemple lors des vœux du Directeur de Mécachrome Toulouse au personnel cette année qui a dit texto à propos des syndicalistes « qui empêchent les autres de travailler [en faisant grève], je ne suis pas contre des coups de boule … et je n’hésiterai pas à le refaire … ». Mais en Tunisie où règne depuis plus d’un an maintenant le petit dictateur Kaïs Saïed, un ancien prof de droit qui fait exploser toute la mascarade de la légalité, les patrons se sentent libres de donner libre cours à leur volonté de se débarrasser des travailleurs rebelles. À peine la section syndicale de base de Mécachrome Fouchana était elle créée (dans le strict respect de la légalité) et appelait-elle à la grève, qu’immédiatement les principaux animateurs étaient licenciés.

Depuis, la résistance ouvrière s’organise en Tunisie. Les travailleurs licenciés se battent pour leur réintégration. Ils peuvent compter sur le soutien de certains des travailleurs de Mécachrome en France, car ils savent que demain cela pourrait être eux qui feront les frais de la furie antisyndicale des patrons de la boite.

Une attaque contre un d’entre nous est une attaque contre tous !

Vive la solidarité internationale des travailleurs !


Lettre de soutien aux compagnons tunisiens de Mécachrome Fouchana licenciés pour avoir fait grève et avoir organisé une section syndicale

De Syndicat CNT-AIT de Toulouse

A Syndicat UGTT Mécachrome Tunisie


Chers Compagnes, Chers Compagnons,

 Nous avons été informés de votre situation par des travailleurs de Mécachrome, du site de Launaguet en France. Nous sommes le syndicat CNT AIT (section en France de l’Association Internationale des Travailleurs).

C’est avec stupéfaction et colère que nous avons appris votre licenciement suite à l’organisation de votre grève sur le site de Mécachrome à Fouchana. Nous vous apportons toute notre solidarité dans votre combat face à la direction qui a refusé catégoriquement de reconnaître la création de votre section syndicale, pourtant constituée dans la légalité la plus légale de l’État tunisien.

Nous avons également appris le refus catégorique de la direction de prendre en compte toutes vos revendications, pourtant légitimes. Les accusations de la direction, qui prétend que vous avez bloqué l’entrée du site aux non grévistes, sont scandaleuses ! Il est évident que la direction a licencié arbitrairement des travailleurs combatifs sur de fausses accusations. Les ouvriers ne sont pas des objets usés que l’on peut jeter aux ordures sans plus d’attention que ça.

Ne vous laissez pas intimider par cette direction, qui a voulu faire de vous un exemple pour tous les travailleurs de tous les sites Mécachrome qui existent à travers le monde. La Direction cherche à briser toutes les tentatives de solidarité entre travailleurs, pour pouvoir continuer à faire des bénéfices sans s’embarrasser des conditions de travail, de sécurité et d’augmentation de salaire pour chaque travailleur de Mécachrome qu’ils soient en Tunisie, Maroc, France et Canada… Une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous ! Le syndicat CNT AIT de Toulouse condamne avec la plus grande fermeté cette attaque gravissime contre les travailleurs qui tentent de s’organiser et de se défendre, pour des meilleures conditions de travail, de sécurité et une augmentation des salaires qui sont des revendications légitimes et dignes.

La solidarité ouvrière n’a pas de frontières. Ensemble, nous sommes plus forts face à l’injustice et à la répression. Notre syndicat apporte le soutien le plus total aux travailleurs licenciés ainsi qu’à l’UGTT Mécachrome Tunisie.

Vive la solidarité internationale des travailleurs !

Tunisie libertaire remercie les compagnons de Toulouse de la CNT AIT pour leur solidarité avec nous travailleurs en Tunisie !

رسالة دعم للرفاق التونسيين في ميكاكروم فوشانة الذين تم فصلهم بسبب الإضراب وتنظيمهم لقسم نقابي

رسالة دعم للرفاق التونسيين في ميكاكروم فوشانة الذين تم فصلهم بسبب الإضراب وتنظيمهم لقسم نقابي

الرفيقات والرفاق الأعزاء،
تم إعلامنا بوضعيتكم من طرف عمال شركة ميكاكروم بموقع لونوغي في فرنسا. نحن نقابة TL (القسم الفرنسي من الجمعية الدولية للعمال).
بذهول وغضب علمنا بفصلكم بعد تنظيم إضرابكم في موقع ميكاكروم بفوشانة.
نعبّر لكم عن كامل تضامننا في نضالكم في مواجهة الإدارة التي رفضت بشكل قاطع الاعتراف بتأسيس قسمكم النقابي، رغم أنه أُنشئ في إطار قانوني مطابق تمامًا لقوانين الدولة التونسية.
كما علمنا بالرفض التام من قبل الإدارة لأخذ جميع مطالبكم بعين الاعتبار، رغم كونها مطالب مشروعة.
إن اتهامات الإدارة التي تزعم أنكم قمتم بمنع غير المضربين من دخول الموقع هي اتهامات فاضحة. من الواضح أن الإدارة قامت بفصل عمال مناضلين بشكل تعسفي بناءً على اتهامات كاذبة. فالعمال ليسوا أشياءً مستهلكة يمكن رميها في القمامة دون أي اعتبار.
لا تدعوا هذه الإدارة تخيفكم، فقد أرادت أن تجعلكم مثالًا لبقية عمال جميع مواقع ميكاكروم الموجودة في أنحاء العالم. تسعى الإدارة إلى كسر كل محاولات التضامن بين العمال حتى تتمكن من مواصلة تحقيق الأرباح دون الاهتمام بظروف العمل، والسلامة، وزيادة الأجور لكل عامل في ميكاكروم سواء في تونس أو المغرب أو فرنسا أو كندا.
الاعتداء على أحدنا هو اعتداء علينا جميعًا.
تدين نقابة TLفي تولوز بأشد العبارات هذا الاعتداء الخطير على العمال الذين يحاولون التنظيم والدفاع عن أنفسهم من أجل ظروف عمل أفضل، وسلامة، وزيادة في الأجور، وهي مطالب مشروعة وكريمة.
التضامن العمالي لا يعرف حدودًا. معًا نحن أقوى في مواجهة الظلم والقمع.
تقدّم نقابتنا دعمها الكامل للعمال المفصولين من ميكاكروم تونس.

La révolution sociale comme moteur d’émancipation collective !

1. La dynamique spontanée de la révolte

La révolte ne surgit pas comme le résultat d’un plan rationnel ou d’un programme soigneusement élaboré, mais comme une nécessité historique. Elle naît de la souffrance accumulée, de l’oppression quotidienne, de la vie étouffée sous le poids de l’État et du capital. Quand les masses explosent dans la rue, ce n’est pas parce qu’elles ont étudié une idéologie ou suivi un parti, mais parce qu’elles n’ont plus d’autre choix que de se dresser.

C’est précisément cette spontanéité qui fait la puissance de la révolte : elle crée ses propres structures, ses propres formes d’organisation, sans attendre l’autorisation d’un parti ou l’approbation d’une avant-garde. Comités populaires, assemblées de quartier, grèves sauvages, occupations… toutes ces formes émergent directement de l’expérience vécue et non d’un modèle extérieur.

Et c’est ici que l’anarchisme radical trouve sa vérité : reconnaître que la force de la révolution ne vient pas d’une direction imposée, mais de la créativité collective des masses en mouvement. Ce ne sont pas les militants qui donnent sens à la révolte ; c’est la révolte elle-même qui dépasse et transforme les militants.

2. L’illusion des programmes et des avant-gardes

Face à l’imprévisibilité de la révolution, beaucoup de camarades pensent qu’il faut préparer des programmes, des modèles, des plans pour orienter les masses. Mais cette idée, même si elle semble rassurante, est en réalité un piège autoritaire. Car elle suppose que la conscience viendra d’en haut, que l’organisation doit être apportée de l’extérieur, comme une forme imposée à une matière brute.

Or, l’histoire montre le contraire : ce sont toujours les masses elles-mêmes qui inventent les formes les plus audacieuses d’auto-organisation. Toute tentative de leur imposer une direction finit par les trahir, par les récupérer, par les transformer en force docile au service d’un nouveau pouvoir. Les partis révolutionnaires, les avant-gardes éclairées, même avec les meilleures intentions, finissent par se substituer au peuple et par étouffer la créativité populaire.

La seule voie réellement anarchiste est donc de rejeter le fétichisme du programme. Non pas parce que nous n’avons rien à dire ou à proposer, mais parce que nous reconnaissons que les idées et les expériences nées de la lutte vivante sont toujours supérieures à celles conçues en dehors d’elle.

3. La récupération et la domestication

Chaque fois qu’une révolte éclate, les forces du pouvoir cherchent à la neutraliser. Parfois par la répression directe, mais souvent par des mécanismes plus subtils : l’intégration, la récupération, la bureaucratisation. Ce qui était vivant, spontané, horizontal, est transformé en institutions contrôlées, en structures hiérarchiques, en pseudo-démocratie encadrée.

C’est le destin de beaucoup de révoltes : leur énergie initiale est absorbée par l’État ou par des organisations qui prétendent parler au nom du peuple. La logique de la représentation étouffe la logique de l’auto-organisation. Les comités deviennent des conseils bureaucratisés, les assemblées populaires se figent en organes administratifs, et la liberté vivante est remplacée par une nouvelle servitude.

C’est pourquoi la tâche des anarchistes n’est pas de bâtir des institutions durables, mais de protéger et d’approfondir les formes de lutte nées de la spontanéité, de résister à leur récupération, de défendre leur caractère radicalement anti-étatique et anti-capitaliste.

4. Le rôle des anarchistes avant et pendant la révolution

Si nous rejetons le programme comme plan figé, cela ne signifie pas que nous restons passifs. Avant la révolution, notre rôle est d’accélérer les contradictions, de dévoiler la nature oppressive de l’État et du capital, de propager l’idée que d’autres mondes sont possibles, et surtout de montrer par l’action directe que la résistance est une réalité vivante.

Notre force n’est pas dans la promesse d’un avenir lointain, mais dans la pratique immédiate : grèves sauvages, occupations, sabotages, solidarité concrète, diffusion d’idées radicales. Ces actions ne remplacent pas la révolution, mais elles ouvrent des brèches, elles nourrissent l’imaginaire collectif, elles donnent aux masses des exemples concrets de ce que signifie agir sans maître.

Pendant la révolution, notre rôle n’est pas de guider, mais de pousser. Non pas de commander, mais de défendre. Non pas de diriger, mais de radicaliser. Nous devons être présents au cœur des luttes, non comme chefs ou avant-garde, mais comme compagnons qui rappellent sans cesse le danger de la récupération et la nécessité d’aller jusqu’au bout.

5. La nécessité contre l’utopie

Il est illusoire de croire qu’une révolution commencera avec une majorité anarchiste consciente et organisée. L’histoire montre que ce sont la nécessité matérielle et sociale qui poussent les masses à se révolter, pas l’adhésion préalable à une idéologie.

Ceux qui attendent une pureté idéologique avant d’agir condamnent la révolution à ne jamais venir. La liberté ne naît pas d’un plan parfait, mais du désespoir, de la faim, de l’humiliation, de l’injustice insupportable. C’est la nécessité qui ouvre la brèche, et c’est dans la brèche que les idées libertaires peuvent se déployer.

Mais cette même nécessité porte aussi le risque de la dérive : quand la peur reprend le dessus, quand la fatigue domine, quand les illusions réformistes se répandent, la révolte peut se détourner vers des solutions autoritaires. C’est pourquoi la vigilance anarchiste est indispensable : non pas pour « diriger » les masses, mais pour rappeler sans cesse que les seules victoires réelles sont celles qui brisent l’État et le capital, et non celles qui se contentent de les repeindre aux couleurs de la révolution.

6. La dialectique de la révolution

La révolution est un mouvement contradictoire. Elle ne suit pas une ligne droite, mais oscille entre avancées et reculs, entre moments d’auto-organisation radicale et tentatives de récupération. C’est précisément dans cette tension que se joue son destin.

La dialectique de la révolution n’est pas une opposition abstraite entre thèse et antithèse, mais une lutte vivante entre deux logiques : celle de la domination (État, capital, autorité) et celle de la liberté (auto-organisation, solidarité, action directe). À chaque étape, ces deux logiques s’affrontent, et l’issue dépend de la capacité des masses à défendre leurs conquêtes et à pousser leur expérience plus loin.

Pour les anarchistes, comprendre cette dialectique signifie refuser les illusions du compromis. Chaque concession à l’État ou au capital est une porte ouverte à la récupération. Chaque pas en arrière doit être analysé pour préparer deux pas en avant. La révolution est un champ de bataille permanent, et non une transition paisible.

7. La dimension psychologique et philosophique de la révolution

La révolution n’est pas seulement un fait politique ou économique : c’est aussi une libération psychologique et existentielle. Elle transforme non seulement les rapports sociaux, mais aussi la conscience des individus. Elle brise l’habitude de l’obéissance, elle détruit l’intériorisation de l’autorité, elle libère la créativité étouffée.

Chaque assemblée horizontale, chaque acte de solidarité, chaque décision collective est une école de liberté. Les masses découvrent qu’elles peuvent s’organiser sans maîtres, qu’elles peuvent décider par elles-mêmes, qu’elles peuvent créer un monde sans autorité. Cette expérience vécue est plus puissante que n’importe quel texte théorique, car elle inscrit la liberté dans les gestes quotidiens et dans la mémoire collective.

Philosophiquement, la révolution est une renaissance existentielle : l’homme cesse d’être un sujet passif pour devenir un acteur libre. Elle révèle que la liberté n’est pas un idéal lointain, mais une pratique vivante, une expérience qui se construit dans l’action et qui transforme à la fois l’individu et la collectivité.

8. Conclusion dialectique et globale

La révolution n’est pas un processus linéaire, ni le produit d’un plan préétabli. Elle surgit de la nécessité historique, de l’épuisement des masses face à l’oppression, de l’éclatement de la contradiction entre la vie et le système qui la nie. Elle n’est pas le résultat d’un programme ou d’une avant-garde éclairée, mais l’émergence spontanée d’une énergie collective qui refuse la domination.

Là réside le cœur de la perspective anarchiste radicale : les structures nées de la révolte sont supérieures à tout modèle théorique conçu à l’avance. Elles sont le fruit de l’expérience vécue, de l’intelligence collective en mouvement, de la créativité née du refus de l’ordre existant. Toute tentative de canaliser ou de récupérer ces formes vivantes par l’État, les partis ou les bureaucraties syndicales n’est qu’un processus de domestication et de neutralisation.

Face à cela, notre rôle n’est pas de proposer des plans clos, ni de présenter des programmes qui prétendent guider le peuple. Notre rôle est d’accompagner la révolte, de la pousser vers ses conséquences les plus radicales, de défendre ses acquis contre toute récupération, et d’exposer par la propagande, la critique et l’action directe la différence fondamentale entre la logique vivante de la révolte et la logique froide du capital et de l’État.

La dialectique de la révolution n’oppose pas seulement l’ancien au nouveau : elle met en mouvement une dynamique où chaque acte de libération appelle un autre, où chaque expérience d’auto-organisation ouvre la voie à d’autres possibles. La contradiction fondamentale est celle qui oppose la liberté vivante à la domination institutionnelle, et c’est dans la lutte constante, dans l’affrontement sans fin, que se forge le chemin de l’émancipation.

Ainsi, il ne s’agit pas d’attendre que la majorité soit anarchiste pour agir, ni d’espérer qu’une doctrine toute faite puisse garantir le succès. Ce sont les expériences nées dans le feu de la lutte qui ouvrent les horizons, qui créent les formes d’organisation nécessaires, qui révèlent la capacité des masses à se gouverner elles-mêmes sans maître. Notre tâche est de les protéger, de les renforcer, de les pousser plus loin, afin que la révolte ne soit pas déviée vers la servitude, mais demeure toujours un processus d’affranchissement.

En ce sens, la révolution est à la fois une réalité matérielle et une aventure existentielle. Elle transforme les rapports sociaux autant que la conscience des individus. Elle est une rupture avec la servitude, un cri collectif contre la domination, une expérience vivante qui dépasse toute idéologie figée. Et c’est seulement en acceptant ce caractère imprévisible, vivant, radical de la révolution que nous pouvons marcher à ses côtés, sans prétendre la domestiquer, mais en l’accompagnant jusqu’à son horizon le plus profond : la libération totale.

IRAN : PERSPECTIVES RÉVOLUTIONNAIRES !

Alors, une des priorités, c’est que la République Islamique de l’Iran soit renversée et abolie pour de bon. Il faut en finir avec cette histoire du régime de Khamenei et de tout ce régime, une fois pour toutes, qui non seulement déteste les femmes et la jeunesse mais qui en plus de tuer les libertés, pille et saigne les travailleurs et la population en général. C’est donc une priorité voire une urgence d’en finir et de tourner cette page.

Il faut faire la révolution et donc défoncer puis casser les murs de cette prison, et quant aux vraies prisons, elles doivent être abolies, sauf pour être réservées à ceux qui sont directement dangereux pour autrui. Il faut également abolir la peine de mort et faire de la non pratique de la peine de mort une logique imprescriptible, tout comme l’abolition de l’exploitation, de la torture et des châtiment corporels etc… Car s’il est certain que ceux-ci ne doivent pas être pratiqués, la peine de mort encore moins. On n’assassine pas les gens ! Puis plus généralement, il est temps d’en finir avec cette culture du « tout punir ».

Quant au leader de la République Islamique et aux dignitaires et sbires de celle-ci, ainsi qu’aux pilleurs du peuple, eh bien laissons le soin aux travailleurs et à la population de décider de quoi en faire. Et outre casser les portes et murs de cette prison, brûlons la corde servant aujourd’hui à la peine de mort, tout comme les Communeux de Paris en 1871 l’avaient fait en leur temps, en brûlant la guillotine sur la place publique.

En même temps qu’il s’agit de renverser ce régime de plus en plus honni, il faut également casser le projet des USA et d’Israël d’intervenir destinée confisquer la révolution, remettre en selle une nouvelle dictature cette fois fantoche et s’accaparer des richesses.

Telles sont les priorités pour le bien des travailleurs et de la population d’Iran. Oui, nous pensons que c’est une priorité dans la mesure où nous luttons toujours aux côtés des travailleurs et populations partout dans le monde pour libérer l’humanité de tous les États et gouvernements, car ce sont de véritables ennemis de l’homme et de la nature, même quant ils sont « démocratiques »

Telle est l’urgence aujourd’hui et il en est grand temps parce que la colère de 47 années de souffrance, d’oppression et de pauvreté a explosé et désormais résonne dans tout l’Iran. Ce mouvement, ce sont d’innombrables personnes qui se sont levées dans une bataille inégale et acharnée, affrontant avec courage oppresseurs, n’ayant plus peur de la mort, le tout pour affirmer leur désir de vie et de liberté, donc pour exprimer leur volonté de libération. Le peuple de ce pays est entré en scène, pour enfin demandée à vivre dans la dignité et l’humanité, et il sacrifie sa vie pour cette libération, et son sang coule sur le sol.

Ces sacrifices ne seront pas oubliés dorénavant mais cela dit, même si les libertaires proposent d’en finir avec l’Etat, qu’il soit islamique ou pas par ailleurs, tous les crimes abominables ayant été commis ne doivent pas non plus rester impunis.

En vérité, la nécessité urgente aujourd’hui est le renversement révolutionnaire de la République islamique. C’est devenu une question de vie ou de mort. Mais la nécessaire révolution pour cela, c’est une révolution socialiste libertaire, majoritaire tant socialement que numériquement, profonde, de façon à pouvoir déraciner tout ce système là. Mais la révolution ne devra pas se limiter à restaurer le cadavre puant de « l’Etat démocrate » ni celui des régimes pré islamiques. Il faut détruire l’Etat, le gouvernement et tous leurs instruments de domination en même temps et abolir le pouvoir même, pour créer un système de conseils ouvriers, paysans et populaires, fédérés et remplaçant l’Etat et via lequel les masses populaires géreront directement par et pour elles-mêmes leurs affaires de vie et du quotidien, le tout sans État ni gouvernement d’aucune sorte, même « démocratique ».

Il est nécessaire d’établir un système de communauté sociale non seulement totalement différent de ce qu’on a connu mais qui soit aussi capable de répondre aux demandes immédiates et rapidement de satisfaire les besoins et les demandes de liberté des opprimés et exploités autrefois.

Une véritable révolution sociale et politique qui balaye ces criminels et qui détruira tous leurs appareils économiques, administratifs et militaires. Mais les succès de cette révolution là dépendent de l’intelligence, de la passion, de la force et du degré de participation du peuple, et plus elle sera majoritaire et profonde, plus elle éliminera ainsi facilement l’exploitation, et ce qui va avec comme la pauvreté ainsi que l’injustice et l’oppression. Et abolir l’exploitation, c’est signifier une révolution qui ne permettra plus jamais que les fruits du travail de millions de personnes et les ressources de cette terre soient pillés, monopolisés et contrôlés ou bien par dew États ou bien par une minorité de grands capitalistes, musulmans ou pas, nationaux ou étrangers. Ni les uns ni les autres ! La révolution ne doit plus permettre cela.

Cette révolution, parce qu’elle vise à casser les portes des prisons, doit viser à libérer tous les détenus politiques et les combattants capturés et leur proposer de plutôt exploiter leur force, leur courage et leur conscience pour justement approfondir la révolution et construire un nouveau système social radicalement démocratique et libertaire sans État, décentralisé etc….autrement dit totalement différent. Puis plus généralement, la prison doit avoir tendance à être abolie, avec la mise en place du système anarchiste.

Renverser cette république islamique, c’est nécessaire et urgent mais pas au prix de subir non plus la contre révolution avec les sbires du « projet Pahlavi » ni les projets d’invasion par les USA et Israël. Sinon, cela signifiera seulement le remplacement de la république islamique par un projet qui n’est fondamentalement pas différent de celle-ci. La contre révolution n’a aucun lien avec les besoins fondamentaux de notre peuple qui expliquent le soulèvement actuel. De même, la révolution ne doit pas consister à ce que, à la place des Pasdarans, il y ait ‘e retour de la «SAVAK». Bref, l’histoire ne doit pas se répéter.

Enfin, la perspective de renversement révolutionnaire de la République islamique ne doit pas consister à laisser le chemin libre à toutes sortes de « réformistes » et de soi-disant « révolutionnaires » à l’intérieur et à l’extérieur du mouvement qui, parce qu’ils craignent la colère du peuple et sa juste lutte, déforment les prescriptions de « paix » et de liberté en promouvant cette même formule tout en cherchant à faire des compromis voire des compromissions à céder devant le régime inhumain de la République Islamique. Il faut les empêcher de devenir les héros de cette situation critique et dangereuse.

Nous le disons clairement, la République islamique est un régime totalitarisant et réactionnaire théocratique et dépassé, et malgré son vernis « social » de quelques occasions, il contient une fondation capitaliste basée sur le système capitaliste d’exploitation et de pillage.. Il a inévitablement bâti sa survie sur l’étranglement de la vie des gens, sur le contrôle de la vie des gens par des lois islamiques conservatrices et la charia, sur les privations économiques, politiques et culturelles du peuple ainsi que de libertés et sur l’oppression, l’emprisonnement et l’exécution des opposants, sur l’opposition à la liberté de pensée et de science, sur l’oppression et la misogynie nationaliste et religieuse ainsi que sur la destruction de l’environnement.

Le mouvement en cours est la démonstration que ce régime là est fondamentalement détesté par l’écrasante majorité de la population en Iran. Autrement dit, il a perdu complètement toute « légitimité » et donc gare aux « révolutionnaires » qui veulent lui en restaurer une par le biais de la couverture « anti imperialiste ».

Et dans ce mouvement, aujourd’hui, une minorité de ces personnes propose des perspectives révolutionnaires authentique quant à se lever pour mettre fin à ce système. Et c’est cela qui doit s’élargir pour assiéger la République islamique. Il faut une perspective et des principes parce que sinon, ce soulèvement va s’essouffler et finalement s’effondrer. Certes, globalement ce mouvement sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. Mais il reste à déterminer ce qu’il faut concrètement et comment « tous ensemble » on doit y parvenir. Car une révolution ambiguë peut être râlement dangereuse. Elle peut dérailler et le risque c’est que même en cas d’effondrement du régime et de victoire, un autre régime terrible remplacera celui-ci. Tandis qu’en élargissant la conscience sociale du concept de véritable révolution sociale majoritaire tant numériquement que consciencieusement et socialement, la mission militante consistant à renverser la République islamique mènera à une véritable révolution, remplaçant ce régime non pas par un autre régime oppressif et exploiteur, mais abolissant l’Etat et le gouvernements et tout l’édifice du pouvoir au profit d’un système fédéré libertaire et donc réellement social et réellement démocratique. C’est ce défi là qui est important à relever.

A bas la république islamique !
À bas le clergé islamique iranien mais pas de soutien aux héritiers du Shah !
Tuons dans l’œuf la contre révolution !
Pour une véritable démocratie et un véritable système de liberté !
Que crèvent TOUTES les dictatures et tous les régimes !
Vive la révolution, le communisme Libertaire, l’anarchisme !

GABÈS : DROIT À LA VIE

— A propos des intoxications dans la région de Gabès et des protestations qui s’y passent –Dans le sud de la Tunisie, la région de Gabès redevient une fois de plus le cœur de la révolte. Car depuis des décennies, cette terre est sacrifiée au profit d’un complexe industriel qui pollution au point d’empoisonner l’air, la mer et donc de causer des intoxications aux habitants, au nom du soi-disant « développement ». Le cancer est devenu un mot quotidien, la mer est devenue une décharge, et la vie elle-même une négociation avec la mort.

Une nouvelle vague de protestations éclate autour d’une seule exigence : le droit de vivre, et en lien avec lui, la fermeture immédiate de ce complexe chimique en question. Cette revendication n’est pas nouvelle, si ce n’est que cette fois, elle porte une conscience plus profonde : il ne peut y avoir ni réforme ni compromis là où la vie est niée.

Le mouvement refuse toute représentation. Il n’attend ni l’État, ni les partis, ni les syndicats. Il s’organise de manière autogérée et horizontale, par et depuis la base. Après des décennies de mensonges et de répression, il porte la vérité de ceux qui n’ont plus rien à perdre si ce n’est que de perdre leur air empoisonné.

Comme toujours, l’État se révèle clairement dans sa nature : l’organisation et le gardien du pouvoir et des intérêts des maîtres actuels, et puis, comme la police en est un instrument essentiel, il ne répond ni par le dialogue ni par la justice, mais par la surveillance, la répression et l’intimidation. La machine du pouvoir réactive son arsenal habituel et ses tentacules : accusations récurrentes de trahison, manipulations des forces politiques et tentatives incessantes de diviser et de discréditer les manifestants,  etc….. Pourtant, le message des habitants est clair et reste d’une simplicité désarmante : vivre n’est pas un crime.

Ce qui se joue à Gabès dépasse le simple combat environnemental. C’est une confrontation entre la vie + le droit de vivre et un système mortifère. C’est en vérité un combat entre la logique du profit et le droit à la dignité de l’existence. Entre le silence imposé d’en haut et le cri d’en bas qui le brise.

Gabès revendique le droit de vivre, tout simplement — et, ce faisant, dévoile le vrai visage de l’État et du pouvoir

قابس: الحق في الحياة

ي جنوب تونس، تعود منطقة قابس مرة أخرى لتكون قلب الانتفاضة. لعقود، ضُحي بهذه الأرض لصالح مجمع صناعي يلوث الهواء والبحر والناس باسم « التنمية ». أصبح السرطان كلمة يومية، والبحر مكبًا للنفايات، والحياة نفسها مفاوضة مع الموت.

تندلع موجة جديدة من الاحتجاجات حول مطلب واحد فقط: الحق في الحياة، ومعه الإغلاق الفوري للمجمع الكيميائي. هذا المطلب ليس جديدًا، لكن هذه المرة يحمل وعيًا أعمق: لا إصلاح ولا تسوية ممكنة حيث تُحرم الحياة نفسها.

الحركة ترفض أي تمثيل. لا تنتظر الأحزاب ولا النقابات. تنظم نفسها أفقياً من القاعدة. بعد عقود من الأكاذيب والقمع، تحمل الحقيقة لأولئك الذين لم يعد لديهم ما يخسرونه سوى هواءهم المسموم.

تتجلّى طبيعة الدولة بوضوح: محكومة بالشرطة، لا ترد بالحوار أو العدالة، بل بالمراقبة والقمع والتخويف. أعادت آلة السلطة تفعيل ترسانتها القديمة: اتهامات بالخيانة، تلاعب القوى السياسية، ومحاولات لا تنتهي لتقسيم وتشويه المحتجين. ومع ذلك، يبقى رسالة الناس بسيطة وواضحة: العيش ليس جريمة. 

ما يحدث في قابس ليس مجرد صراع بيئي. إنه مواجهة بين الحياة ونظام قائم على الموت. بين منطق الربح وكرامة الوجود. بين الصمت المفروض من الأعلى والصوت الذي يكسره.

قابس تطالب بالحق في الحياة — وفي ذلك تكشف الوجه الحقيقي للدولة.

المغرب: تحيا نضالات الشباب والشعب ضد الفساد والاستبداد ومن أجل الصحة والتعليم والحرية!

منذ أسابيع، يخرج آلاف الشباب المغاربة إلى الشوارع، يرفعون صوتًا واحدًا وصادقًا يختصر جوهر المطالب الشعبية: مستشفيات تليق بالكرامة، مدارس للجميع، حياة تستحق أن تُعاش، نهاية الفساد، وانبلاج فجر الحرية…
هي صرخة عادلة ومنطقية. غير أنّ الدولة المخزنية والملكية الشريفة لم تجب عليها إلا بالعنف والقمع، فأطلقت كلابها الحارسة من شرطة ودرك وجيش لتواجه المطالب بالعصا، والمظاهرات بالاعتقالات، والصرخات بالتهديدات والترهيب.
وقد جرى بالفعل توقيف أكثر من مائة شاب في كبريات مدن المملكة: الرباط، الدار البيضاء، القنيطرة، مراكش، أكادير، فاس… وغيرها.

ها هي الأقنعة تسقط، فينكشف وجه النظام المغربي الذي طالما ادّعى “الانفتاح” و“الاعتدال”. وتتجلّى أمامنا حقيقة راسخة طالما أثبتها التاريخ: متى ما مُسّت مصالح الدولة أو جيوب الأسياد، فإنّ السلطة لا تتردّد لحظة في قمع من يجرؤون على المطالبة بحقوقهم، ولو بالقدر اليسير منها.
فالدولة، مهما تزيّنت بأقنعة الديمقراطية، ليست جهازًا محايدًا ولا هيئةً فوق الطبقات، بل هي في جوهرها التنظيم الأعلى لسلطة الطبقة المالكة والمستغِلة وأعوانها، الإطار الذي يحرس مصالح الرأسمال وامتيازات السادة.

بينما تُبنى الملاعب للبرجوازية وأصحاب الثروات، يعيش العمّال في البؤس، والشباب أمام أفق مسدود

في الوقت الذي يُمعن فيه النظام الفاسد في بناء الملاعب واستقبال التظاهرات العالمية ككأس العالم 2030، مسخّرًا مليارات لخدمة هيبةٍ زائفةٍ وعرضٍ دعائيٍّ يُرضي أسياده في دوائر رأس المال العالمي والإمبريالية، تتحوّل المستشفيات إلى مقابر للأحياء: أطباء معدودون، معدات شبه معدومة، نقص في الأدوية، وغياب تام للحدّ الأدنى من شروط الرعاية الإنسانية.
أما المدارس، فهي تغرق بالاكتظاظ، ومعلموها مثقلون بالظلم والاحتقار، وأُسر التلاميذ تُترَك لتدبّر أمرها وحدها.

Lire également : #Maroc #GenZ ; nous voulons du pain, pas des jeux ni la Coupe d’afrique des nations ! (https://coupedumondefricimmonde.wordpress.com/2025/09/30/maroc-genz-can)

لقد اختارت الرأسمالية المغربية، التي تتجسّد في الملكية ذاتها، طريقها بوضوح: الاستثمار في الترف والبهرجة لتجميل الواجهة، وإخفاء الخراب الاجتماعي والاقتصادي الكامن وراءها. فالثروات تُوجَّه لخدمة الأقلية، بينما تُترك الطبقات الشعبية والعمالية فريسة الفقر والتهميش، لا تنال من الدولة سوى التجاهل أو الاحتقار.

حركةGen’Z: نضال مستقل، لا أحزاب ولا نقابات وبمعزل عن بيروقراطياتها

هذه الحركة الوليدة تمثل نفسًا جديدًا في جسد الشعب، نقيًا وصادقًا، ينبض بالأمل.
لم تولد من رحم الأحزاب القديمة التي ملّت منها الجماهير بعد عقود من الوعود الفارغة، ولا من النقابات البيروقراطية التي ارتمت في أحضان “الشراكة الاجتماعية” لتساوم على فتات وتبيع نضال العمال مقابل رضى السلطة.

بل هي حركة نابعة من القاعدة، من الشباب أنفسهم، من الذين قرّروا أن يأخذوا مصيرهم بأيديهم.
إنها حركة منظمة ذاتيًا، بلا زعامات ولا هرمية، بلا قادة ولا أجهزة، حيث تتشكل المجموعات وتتواصل وتتجمّع وتخرج إلى الشارع معًا.
هنا تتجسد روح التضامن الشعبي والعمّالي الحق: قوة الجماهير التي تنهض من الأسفل، لا تنتظر منقذًا ولا مخلّصًا.
وإلى هذه القوة يجب أن يتجه الرهان، فمصدر التغيير الحقيقي هو الشعب حين ينظم ذاته بوعيه وإرادته.

ما الذي تعلمناه من هذه النضالات وماذا نقترح

  • الصحة والتعليم ليسا سلعة
    الرعاية الصحية والتعليم لا يمكن أن يكونا بضائع تُقاس بأرباح أو تُشترى بالدولار. يجب أن يكونا مجانَيْن بالكامل كي يصبحا في متناول كل إنسان، وأن تُدار خدماتهما ديمقراطيًا من قِبَل من يعملون فيها ويستفيدون منها: الأطباء والممرضين، الأساتذة، المستخدمون والطاقم الإداري وغيره. الإدارة الذاتية (الأوتوجestion) هي الإطار الذي يضمن هذا الحق، ويجعل الوصول إلى هذه المقومات حقًا دائمًا وغير قابل للمساس، بغض النظر عن إمكانيات الأفراد المالية. وليس للدولة السلطوية ولا للشركات متعددة الجنسيات ولا للمستثمرين الخواص الفاسدين أن يضمنوا هذه الحقوق بدافع الربح.
  • التنظيم الذاتي هو مفتاح التحول الثوري
    الانطلاق نحو عمق الثورة يمر عبر التنظيم الذاتي والافقّية: نعم لمبادئ ورؤية واضحة، لكن لا للزعامات والهرميات. بدلًا من ذلك، نُعطِي الأولوية للمجالس الشعبية، العمالية، الفلاحية والشبابية؛ للجنة النضال؛ للمجموعات الأفقية ذات الإدارة الديمقراطية. بالعمل المباشر والمنظم معًا ننتزع حقوقنا وحريتنا.
  • القمع لن يكبت الغضب
    لا تستسلموا للترهيب. كل اعتقال يجب أن يلقى رد فعل جماعي متنظّم. تضامن مع المعتقلين! إطلاق سراحهم فورًا وبلا قيد ولا شرط! دعم متبادل ضد العنف البوليسي! لنتذكّر أيضًا أن قوة الدولة وتعداد سادتها أقلّ من قوة شعب منظّم — والتضامن المنظّم أقوى من كل أدوات القمع.
  • نداء للانشقاق عن الأجهزة السلطوية
    ندعو إلى انشقاق قوات القمع: الشرطة، الدرك الملكي والجيش — ليس انتقامًا بل لحرمان النظام من أدوات العنف، لتعميق الثورة وضمان نجاحها.
  • كل شيء مترابط
    الصحة والتعليم مرتبطان بالعمل والسكن ومستوى المعيشة وبالديمقراطية الحقيقية. بؤس الشعب شامل، لذا يجب أن تكون النضالات شاملة كذلك: إنهاء هذا النظام الرأسمالي الفاسد ودكتاتورية المال التي تقيدنا.
  • وجهتنا: الشيوعية التحريرية — الأناركو-نقابية كأداة نضالية
  • نحن، المناضلون الثوريون الأناركسيون والأناركو-نقابيون، لا نعتبر هذا مجرد احتجاج عابر؛ إنه نَسَمَةُ حُرية تُفضح فشل الرأسمالية والدولة والنظام الملكي، وتُظهر فساد النظام النقدي وسمّيته. ما دام سادتنا في مواقعهم، وما دامت البرجوازية في مواقعها، ومرةً بعد أخرى تُترك الثروات والمقررات بيد هذه الأقلية الطفيلية، فستظلّ مكاسبنا هزيلة أو تُنتزع منا عند أول فرصة.
  • الحقوق الاجتماعية والحرّيات السياسية، ولو انتزعت بجهد، لا يمكن أن تكون نهائية في ظل نظام مبني على الملكية الخاصة والمال. في بلد تُسوَّق له ديمقراطية برلمانية أو ملكية دستورية كحلم بعيد، لا تكفي الإصلاحات الجزئية.
  • نحن نطالب بالوصول الفعلي إلى الرعاية الصحية والتعليم، وفي الوقت نفسه النضال لأجل ديمقراطية حقيقية وحريتنا. حان الوقت للتحرّر — سواء رغبت الدولة أو الملك أو رأس المال أم لا. يجب مصادرة ممتلكات البرجوازية: تأميم وسيلة الإنتاج ومصادرة ثروات ومنع امتيازات العائلات المالكة، وتحويل أدوات الإنتاج إلى ملكية مشتركة لمن يعيشون منها ويعملون بها، مع إدارة ذاتية ديمقراطية عبر مجالس متجذرة وموحّدة تهدف إلى هدم هذا النظام واستبداله.
  • نريد نظامًا اجتماعيًا شعبيًا يُنظّم دون دولة مُسيطرة، بلا حكومات سلطوية أو رؤساء مسيطرين؛ نظامًا بلا سادة ولا مستغلين، ديمقراطيًا حقيقيًا ومباشرًا، حيث يقرّر المنتجون والحياتيون معًا ما يحتاجونه ويصلون بحرية ومجانًا إلى ضروريات الحياة بحسب حاجاتهم.

هذا مجرد البداية! الثورة في بدايتها — نداء للإطاحة بالملكية وتوسيع التضامن الدولي

نضال الشباب المغربي نضالنا أيضًا. التضامن الدولي واجب — ما يحدث في الرباط أو الدار البيضاء قد يكون شرارة تقطع رؤوس الاستبداد في بلاد أخرى: باريس، الجزائر، تونس، مدريد… لأن الرأسمالية قد أنهت دورها في كل مكان؛ والعالم ما يزال قابلًا لأن يُستردّ لصالح الناس، لصالح الشيوعية التحررية.

الدولة والرأسمالية والمال ليست فقط بالية بل مفيدة لقلة طفيلية تضحّي بحياتنا من أجل أرباحها ومظاهرها الباذخة. في كل مكان ينتفض الشباب والعمّال — من نيبال إلى إندونيسيا إلى مدغشقر — وما يحدث في المغرب له بعدها العالمي.

نذكر هنا أننا لا نرى إلغاء الملكية كغاية نهائية بحد ذاته، بل كمرحلة ورمز مهم؛ فالمسألة الجوهرية هي هدم كل جهاز السلطة الطبقي والرأسمالي وتفكيك أدواته: علاقات الملكية الرأسمالية، المال، مؤسسات القمع، كل هياكل السيطرة.

لذلك ندعو إلى:

  • نشر صوت هذه النضالات والحرية في كل مكان.
  • فضح وتضييق الخناق على القمع وتعميق الثورة القائمة — هذه البداية فقط، ويجب أن تتعمّق.
  • دعوة لانشقاق قوات القمع والجيش عن النظام.
  • التحرك نحو القصر الملكي في الرباط ليس لأخذ السلطة لذاتها، بل لإسقاط الملكية وتفكيك مراكز قوتها ثم تفكيك الدولة والحكومة كاملةً.
  • استبدال الدولة بحلف فيدرالي من مجالس عمالية، فلاحية وسكانية، مستقلة وأفقية وتدير نفسها ذاتيًا.
  • نسج روابط مباشرة بين نضالاتنا عبر الحدود، بدءًا بالجيران (الجزائر، تونس، ليبيا…).
  • تحفيز ثورة اجتماعية إفريقية لأن التضامن العمالي دولي إذا أردنا ولادة الحرية.

تحيا نضالات الشباب والعمال!

لنحوّل هذا النضال إلى ثورة حقيقية!
من أجل الإفراج الفوري وغير المشروط عن المساجين!
لتفكيك قوات القمع للدولة الملكية!
يسقط النظام: الملكية، الدولة والرأسمال! محمد السادس ارحل!
لتفكيك هذه السلطة واستبدالها بمجالس فدرالية حرة!
لدينا عالم لنكسبه — تحيا الأممية البروليتارية!
تحيا الحرية! تحيا الديمقراطية الاشتراكية التحررية! ضد كل سلطة: لا سيد، لا دولة، لا منظومة أخلاقية تقيد الحرية!

مناضلون أناركيون متضامنون.

للمزيد من المعلومات راسلونا على:

MAROC : VIVE LA LUTTE DE LA JEUNESSE ET DE LA POPULATION CONTRE LA CORRUPTION ET L’ARBITRAIRE ET POUR LA SANTÉ, L’ÉDUCATION ET POUR SA LIBERTÉ !

المغرب: تحيا نضالات الشباب والشعب ضد الفساد والاستبداد ومن أجل الصحة والتعليم والحرية! (https://cnt-ait.info/2025/10/11/maroc-genz-ar)

Voilà maintenant que depuis plusieurs semaines, des milliers de jeunes marocains descendent dans la rue, et expriment un cri simple et juste : des hôpitaux dignes, des écoles pour toutes et tous, une vie qui vaille la peine d’être vécue, la fin de la corruption, la liberté, etc….

A juste titre. Mais que répond l’Etat chérifien et makhzenien, c’est à dire royaliste ? Eh bien il répond à la population en lâchant ses chiens de garde (Police, Gendarmerie Royale, armée, etc…) et donc par le bâton, la matraque, les arrestations, les menaces et les intimidations, etc…. D’ailleurs plus d’une centaine de jeunes ont été interpellés dans plusieurs villes principales du royaume : Rabat, Casablanca, Kenitra, Marrakech, Agadir, Fès… pour ne citer que les villes principales.

Eh bien, ce sont les masques qui tombent et ainsi, voilà la véritable face du régime Marocain « ouvert » et « modéré », et cela confirme comme à chaque fois ce qui peut être considéré comme une loi historique, à savoir que lorsque soit les intérêts de l’État et/ou le portefeuille des maîtres sont touchés ou simplement visés, eh bien l’Etat n’hésite pas un instant à réprimer celles et ceux qui osent réclamer leurs droits, même un tant soit peu. Et de même, y compris lorsqu’il est « démocratique » ou réputé tel, l’État n’est pas un organe d’arbitrage « neutre » et « au-dessus des classes et des intérêts de classe », et il n’est rien d’autre que l’organisation suprême politique, économique et sociale du pouvoir des maîtres capitalistes, des exploiteurs et de leurs valets.

PENDANT QU’ON CONSTRUIT DES STADES POUR LA BOURGEOISIE ET QUELQUES RICHISSIMES, C’EST LA MISÈRE POUR LES TRAVAILLEURS ET L’ABSENCE D’AVENIR POUR LA JEUNESSE ET LE RESTE DE LA POPULATION !

Au moins le Stade de la FIFA aura un kit de premiers secours, nos hôpitaux n’ont même pas cela … (Rabat le 28 septembre)

Oui, pendant que le régime brutal et corrompu construit des stades pour accueillir la Coupe du monde 2030 et d’autres jeux et se consacre au prestige et spectacle de la bourgeoisie, et pendant qu’il dépense des fortunes pour redorer son image auprès de ses maîtres du grand capital international et de l’impérialisme, les hôpitaux sont des mouroirs, car ils manquent de médecins, de personnel médical et paramédical, de matériel, de médicaments, et de tout le nécessaire pour assurer des soins de qualité, et de la même manière, les écoles croulent sous le nombre d’élèves, avec des enseignants qui sont sous-payés et méprisés, et des familles qui doivent se débrouiller seules.

Lire également : #Maroc #GenZ ; nous voulons du pain, pas des jeux ni la Coupe d’afrique des nations ! (https://coupedumondefricimmonde.wordpress.com/2025/09/30/maroc-genz-can)

Le capitalisme et son symbole de pouvoir au Maroc, à savoir la royauté qui le représente, ont choisi : investir dans le luxe en vue d’un pseudo prestige arrogant et vaniteux afin de bien présenter une belle vitrine, véritable face cachée de la réalité, et par définition investit dans tout ce qui rapporte aux bourgeois, à ce qui leur est dédié à eux ainsi qu’à leurs partenaires. Et pendant ce temps, les couches populaires et laborieuses de la population crèvent dans l’indifférence totale du régime royal makhzénien si ce n’est pas dans le mépris de la part de celui-ci. 

LE MOUVEMENT GEN’Z EST UNE LUTTE TOTALEMENT INDÉPENDANTE ET QUI NE VIENT NI DES PARTIS NI DES SYNDICATS NI DE LEURS BUREAUCRATES

Ce mouvement est neuf, frais, bien vivant et porteur d’espoir pour l’avenir. Il ne vient pas des vieux partis politiques traditionnels, qui depuis des décennies promettent monts et merveilles mais ne donnent rien comme résultats. Il n’est même pas lié à eux et n’a aucun rapport non plus avec les centrales syndicales bureaucratisées, qui comme toujours et partout sont embourbées dans le « partenariat social » et qui du même coup, négocient dans le dos des travailleurs pour quelques miettes et faire passer la casse dans les meilleures conditions, en plus d’être liés au pouvoir makhzénien.

Non, ce mouvement provient directement de la jeunesse, de ceux qui entrent en lutte par eux-mêmes, et est auto-organisé, c’est-à-dire qu’il s’organise et fonctionne sans chef, sans leaders ni hiérarchie ni quelconques dirigeants et sans appareils corrompus, et ce bien qu’une perspective pour s’orienter fasse défaut. Ce sont des groupes qui s’organisent, qui communiquent, qui se rassemblent puis qui prennent la rue ensemble. C’est là que réside l’esprit de la solidarité ouvrière et populaire : la force qui naît d’en bas, sans attendre de sauveur suprême. C’est vers cette force qu’il faut s’orienter et c’est sur elle qu’il faut miser.

CE QUE NOUS APPREND CETTE LUTTE ET CE QU’IL Y A À PROPOSER :

  • Les soins et l’enseignement ne sont pas des marchandises et donc n’ont pas à être payants. Ils doivent être totalement gratuits pour être réellement accessibles à chacun et gérés démocratiquement par ceux qui les travaillent, en bénéficient qui les font vivre (les travailleurs concernés, les usagers, les autres personnels, etc…) dans le cadre de l’autogestion. L’accès à ces commodités doit être un droit totalement imprescriptible, indépendamment des moyens dont on dispose et ce n’est pas à « l’État » ni encore moins aux multinationales et aux privés corrompus et intéressés que par le fric de les garantir.
  • L’auto-organisation est la clé de l’approfondissement de la révolution et de l’orientation démocratique de celle-ci. Une perspective et des principes, oui ! Mais pas de chefs, pas de leaders, et au lieu de tout cela, place à des assemblées populaires, ouvrières, paysannes, jeunes, place à des comités de lutte, à des collectifs horizontaux et démocratiquement autogérés. C’est tous ensemble, par l’action directe, que nous arrachons nos droits et notre liberté.
  • La répression n’arrêtera pas la colère ! Ne pas se laisser intimider par la répression. Ainsi, chaque arrestation doit trouver une réponse collective et groupée. Solidarité avec les prisonniers ! Pour leur libération inconditionnelle ! Soutien mutuel contre la violence policière ! Souvenons-nous que la force de l’État est minoritaire, comme le sont nos maîtres et que tout cela n’est rien face à la solidarité organisée.
  • Appel à la scission des forces régaliennes (Police, Gendarmerie Royale et armée) à la fois pour désarmer ce régime, approfondir la révolution en cours et assurer son succès !
  • Tout est lié : soins, enseignement mais aussi travail, logement, niveau de vie et surtout … une démocratie authentique et directe et notre liberté qui va avec. Le malheur de la population est global, alors la lutte doit l’être aussi. Il faut en finir avec ce système capitaliste pourri et sa dictature de l’argent qui nous tient en laisse !

NOTRE PERSPECTIVE : LE COMMUNISME LIBERTAIRE L’ANARCHO-SYNDICALISME COMME OUTIL MILITANT

Pour nous, militants révolutionnaires, anarchistes et anarcho-syndicalistes, cette lutte n’est pas une simple protestation. C’est un vent de liberté mais elle révèle aussi la faillite totale du capitalisme et de l’État et du système royal, ainsi que la décadence du système monétaire, plus sa nocivité. Oui, tant que les maîtres actuels n’auront pas été chassés du pouvoir, tant que la bourgeoisie ne sera pas non plus chassée de ses positions et expropriée et que les richesses, le patrimoine et les décisions resteront concentrés dans les mains de cette minorité Royale toujours plus parasitaire, eh bien nous n’aurons que des miettes, malgré nos luttes et qui plus est, qui nous serons reprises d’une autre main à la moindre occasion, tôt ou tard. Car l’existence des conquêtes sociales et des droits et libertés démocratiques, même si elles peuvent être arrachées (de haute lutte quand même) dans le capitalisme, ne sont pas du tout compatibles avec l’existence du capitalisme et de l’argent, a fortiori dans un pays dans lequel la démocratie parlementaires et/ou une monarchie constitutionnelle relèvent des châteaux en Espagne.

Il faut gagner l’accessibilité aux soins et à l’enseignement, mais il faut en même temps arracher une véritable démocratie et notre liberté ! Il est temps de se libérer, que le veuillent ou non l’État, le Roi et son système despotique et plus généralement le capital. Il faut exproprier la bourgeoisie, c’est-à-dire collectiviser l’ensemble des moyens de production, lui confisquer l’ensemble de ses patrimoines, tant en tant que capitalistes que famille royale, en fait socialiser ces outils de production et ces biens en les remettant entre les mains des travailleurs, des paysans, des habitants, etc…. et en assurer la propriété commune de ceux qui les font vivre et qui en bénéficient, avec l’autogestion démocratique assurée par le biais de ces conseils omniprésents, fédérés, et détruisant / remplaçant ce pouvoir.

Il faut construire un système social et populaire communautaire fonctionnant sans État ni gouvernement ni sans un quelconque pouvoir, en tant que système social fonctionnant également sans maîtres ni exploiteurs, réellement démocratique, démocratie directe, dans lequel ce seront celles et ceux qui produisent et qui vivent qui décident collectivement et qui auront accès librement et gratuitement à toutes les commodités de la vie pratique selon leurs besoins. 

CE N’EST QU’UN DÉBUT ! LA RÉVOLUTION NE FAIT QUE COMMENCER ! APPEL À RENVERSER LA ROYAUTÉ ET A DEVELOPPER LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE !

La lutte de la jeunesse marocaine est la nôtre aussi. Solidarité internationaliste l’oblige. Ce qu’il se passe à Rabat ou à Casablanca n’est que le début du souffle du vent de la liberté, qui pourrait sonner le glas de cette royauté brutale, corrompus et parasite et cette histoire pourrait aussi s’écrire à Paris, à Alger, à Tunis, à Madrid et ainsi de suite, car d’une part, partout, le capitalisme a fait son temps et d’autre part, c’est le MONDE que le communisme libertaire a à gagner. L’Etat, le capitalisme et l’argent non seulement sont obsolètes et séniles mais de toute façon ne sont utiles qu’à une poignée de parasites ultra minoritaires qui en a et qui sacrifient nos vies pour leurs profits et leur prestige arrogant et méprisable. Partout, la jeunesse, les travailleurs et travailleuses se dressent, comme aussi au Népal, en Indonésie, à Madagascar, etc…. Cela dit, il reste à noter pour un pays comme le Maroc que même si l’abolition de la Monarchie serait un grand pas en avant très symbolique, pour autant ce ne serait pas une fin en soi et ce ne serait qu’une étape, juste un moyen, parce que fondamentalement, c’est tout l’édifice dirigeant de ce pays qu’il faut abattre et démanteler. De cet édifice, il ne doit pas en rester une seule pierre. Et cette démarche révolutionnaire ne consiste pas à abolir la domination Royale de l’Etat mais la domination de classe et capitaliste tout court, sans oublier les instruments qui nous tiennent en laisse, comme les rapports capitalistes de propriété, l’argent etc… Alors nous appelons :

  • À relayer partout la voix de ces luttes et de la liberté !
  • À dénoncer et à affaiblir la répression et à approfondir la révolution en cours ! Ce n’est que le début ! La révolution doit s’approfondir et continuer !
  • A faire scissionner les forces de répression régaliennes et militaires !
  • A la prise du palais royal de Rabat pour non pas « prendre le pouvoir » mais faire tomber la Monarchie et démanteler les postes clés de son pouvoir puis à finalement démanteler L’Etat et le gouvernement de fond en comble !
  • A remplacer l’Etat et le gouvernement par une fédération de conseils ouvriers, paysans, habitants, fédérés, étant autonomes, horizontaux et autogérés !
  • À tisser des liens directs entre nos combats, au-delà des frontières, à commencer par les pays voisins et frères (Algérie, Tunisie, Libye, etc….) !
  • A stimuler une révolution sociale africaine car la solidarité ouvrière est internationale, si nous voulons voir naitre la liberté !
  • VIVE LA LUTTE DES JEUNES ET DES TRAVAILLEURS !
  • TRANSFORMONS CETTE LUTTE EN VÉRITABLE RÉVOLUTION !
  • LIBÉRATION IMMÉDIATE ET INCONDITIONNELLE DES PRISONNIERS !
  • DEMANTELEMENT DES FORCES RÉPRESSIVES DE L’ETAT ROYAL !
  • À BAS LA MONARCHIE, L’ETAT ET LE CAPITAL ! ROI MOHAMMED VI, DÉGAGES !
  • POUR LE DEMANTELEMENT DE CE POUVOIR ET SON REMPLACEMENT PAR DES CONSEILS FEDERES ET LIBRES !
  • NOUS AVONS UN MONDE A GAGNER ! VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !
  • VIVE LA LIBERTE ! VIVE LA DEMOCRATIE SOCIALISTE LIBERTAIRE !  CONTRE TOUTE AUTORITÉ, NI PATRON, NI ÉTAT NI ORDRE MORAL !